
Par Tintin le Marocain

À quelques jours du dialogue intersectoriel qui se tiendra à Koekelberg, nous avons rencontré Somaya, l'organisatrice de l'événement Youth in Route.
Une rencontre sans langue de bois pour parler désaffiliation, obstacles systémiques et solutions concrètes.

Somaya
Tintin le Marocain : Somaya, salam! Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, c'est quoi exactement Youth in Route et pourquoi tu as décidé d'organiser cette soirée du 25 septembre?
Somaya : Salam Tintin! Youth in Route, c'est un projet européen qui part d'un constat simple : les jeunes en situation de désaffiliation, on en parle beaucoup, mais on les écoute très peu. On a voulu inverser la logique. Le 25 septembre à Koekelberg, ce ne sera pas une conférence où les politiques parlent et les jeunes écoutent. On va tous s'asseoir autour de la même table, en petits groupes de 5 à 8 personnes.
Tintin le Marocain : Justement, tu insistes sur le fait que ce n'est pas un débat classique. C'est quoi la différence?
Somaya : Un débat classique, c'est souvent frontal. Là, on propose un dialogue participatif en 4 temps. On présente la démarche, puis on travaille en tables d'échange mixtes : jeunes, pros du non-marchand, responsables politiques. Ensuite on restitue tous ensemble et on finit par un échange global. L'idée, c'est que chacun apporte son vécu, pas son discours préparé.
Tintin le Marocain : La question centrale est très forte : "Comment mieux articuler école, aide à la jeunesse, santé mentale, insertion et acteurs locaux?" Pourquoi cette question maintenant?
Somaya : Parce qu'aujourd'hui un jeune qui décroche, il se heurte à des silos. L'école ne parle pas à la santé mentale, l'aide à la jeunesse ne parle pas toujours à l'insertion... Résultat, le jeune passe entre les mailles. On veut identifier les obstacles systémiques, mais surtout trouver des leviers d'action intersectoriels. Pas dans 5 ans, à court terme.
Tintin le Marocain : Vous avez invité Monsieur Ahidar. Quel sera son rôle exactement? On sait que dès qu'il y a un politique, les jeunes pensent "discours".

Fouad Ahidar
Somaya : Justement, on a été très claires avec lui. On ne veut pas d'une intervention formelle. On veut qu'il participe comme tous les autres, qu'il s'assoie à une table, qu'il écoute et qu'il apporte son regard sur ce qu'on peut activer au niveau politique et local. C'est sa contribution pendant la restitution qui nous intéresse.
Tintin le Marocain : Les jeunes seront vraiment présents?
Somaya : Ils sont le cœur du projet! Sans eux, ça n'a aucun sens. On a des jeunes accompagnés par nos partenaires - SUCCESS, Divers-IT, Empact, le Forum Citoyens-Burgers - qui viennent avec leurs expériences, leurs colères parfois, mais surtout leurs propositions. C'est eux les experts de leur parcours.
Tintin le Marocain : Un dernier mot pour donner envie aux gens de scanner le QR code et de venir le 25 septembre à 18h00, Rue du Jardinier 100 à Koekelberg?
Somaya : Si vous en avez marre de parler des jeunes sans les jeunes, si vous croyez que la prévention ça se construit ensemble et pas chacun dans son coin, cette soirée est pour vous. On ne vous promet pas de solutions miracles, on vous promet un espace où votre voix compte vraiment. Et ça, en 2026, c'est déjà énorme.
