
Son constat est simple : les grandes villes wallonnes paient l'addition la plus lourde du plan d'assainissement wallon.
Depuis 18 mois, Charleroi applique une cure d'austérité sans précédent, négociée avec la tutelle régionale.
Plus de 50 millions d'euros d'économies à l'horizon 2026 et une règle d'or : plus aucun départ n'est remplacé. Retraite, démission, mutation - le poste disparaît.Le résultat est vertigineux : 200 agents en moins, soit plus de 10% de l'administration communale. Il y a aujourd'hui moins de fonctionnaires à Charleroi qu'en 2022.
Le quotidien qui se dégradeDermine a voulu illustrer les chiffres par le vécu des habitants. Parce que moins d'agents, ce sont des services qui ferment.Dans certains quartiers, il ne reste qu'un seul guichet pour 40.000 habitants. Les délais pour une carte d'identité ou un permis explosent.
Et dans les écoles communales, l'exemple qui a marqué les esprits : les classes ne sont plus nettoyées que deux fois par mois.Ce n'est plus de la gestion, c'est de la survie administrative.Deux poids, deux mesures ?C'est le cœur de la colère du bourgmestre. Charleroi doit réaliser un effort de 8% de son budget total. Rapporté à la Région wallonne, cela équivaudrait à 2 milliards d'économies. Or Namur ne s'impose que 280 millions.
Soit 5 à 7 fois moins.Dermine rappelle que les communes ne sont pas un poste de dépense annexe. Elles portent à elles seules 30% de tout l'investissement public wallon : écoles, crèches, routes, infrastructures sportives. Geler tout cela en même temps, alors que le secteur de la construction est déjà en difficulté, c'est risquer de casser la reprise.La solidarité touchéeLe plus inquiétant pour le maïeur carolo, ce sont les coupes à venir dans le social.
Aide alimentaire, accueil d'urgence, soutien aux familles monoparentales : des budgets que la Région envisage de réduire.À Charleroi, cela concerne 2.000 enfants suivis et près de 9.000 bénéficiaires du CPAS. "On parle de gens qui n'ont pas d'autre porte où frapper", a-t-il insisté.
À travers Charleroi, c'est toutes les grandes villes wallonnes qui se sentent visées. Liège, qui vient de présenter un budget à l'équilibre au prix de la fin de la gratuité des garderies, a tenu le même discours. Le message à la Wallonie est commun : nous avons fait notre part, il faut maintenant rééquilibrer l'effort.