
Invités par Le Soir à confronter leurs projets de société, Georges-Louis Bouchez, président du MR, et l'économiste Bruno Colmant ont débattu de l'avenir économique de la Belgique.
Au cœur de l'échange : comment financer l'État social, gérer la dette et préparer le pays à l'intelligence artificielle.
Pour Georges-Louis Bouchez, la priorité est la croissance.Le libéral dénonce une gestion à court terme : « On bricole, on bricole, on bricole », résume-t-il.
Selon lui, la Belgique règle l'urgence d'une année sur l'autre sans fixer de cap structurel.Il pointe une administration trop lourde et trop juridique : « Quand vous avez une fonction publique trop juridique, elle se donne du travail à elle-même ».

L'objectif n'est pas de supprimer les services publics, dit-il, mais de les rendre plus efficaces pour réduire les dépenses inutiles.
Et sur le déficit, sa position est claire : il ne faut pas l'éponger par l'impôt. « Aucun pays n'a réduit son déficit public en le finançant par de l'impôt.
Ils ont tous extrêmement majoritairement réduit leurs dépenses publiques. »
En ce qui concerne l'IA, celle-ci ne doit pas faire peur, mais être vue comme une chance pour créer de la valeur.
En face, Bruno Colmant défend le rôle de l'État dont il met en garde contre une obsession de la rigueur. Pour lui, les finances publiques ne se gèrent pas comme un ménage.
Sa thèse : on ne peut pas à la fois réduire fortement le déficit, préserver la sécurité sociale et refuser toute hausse de recettes.
« On ne peut pas réduire le déficit budgétaire et maintenir l'État social sans augmenter les impôts », affirme-t-il.
Il rappelle aussi que l'impôt finance un service collectif et que la soutenabilité de la dette compte plus que son niveau brut.
Deux lignes, deux philosophies : d'un côté, relancer la machine en allégeant l'État pour créer de la croissance ; de l'autre, assumer la dépense publique et la financer pour garder le modèle social.