
NAMUR - Personne ne s'y attendait. Samedi après-midi, alors que la capitale wallonne vibrait au rythme des concerts, des drapeaux jaune et rouge et de l'odeur des boulets, une silhouette familière a fendu la foule sur la Place d'Armes.
Le Roi Philippe, en costume bleu marine, sans protocole lourd, venu vivre les Fêtes de Wallonie comme un Namurois.C'est une première historique.
Jamais un Roi régnant n'avait participé officiellement aux Fêtes.15h47, le choc au Grognon d'après nos informations, le souverain est arrivé discrètement par la Citadelle, avec vue sur le confluent de la Sambre et Meuse.

Accueilli par le Bourgmestre Maxime Prévot, il a ensuite descendu à pied vers le centre."On a cru à une blague. Puis on a vu le sourire", raconte Monique, 72 ans, vendeuse de peket. "Il nous a dit : Je voulais sentir la Wallonie battre."Entre folklore et symbolique, le Roi a salué les Échasseurs, a échangé avec les confréries, et a même levé un verre de Blanche de Namur.
Loin des palais de Bruxelles, l'image est forte : celle d'un Roi qui choisit Namur, pas pour inaugurer, mais pour fêter.
Pour beaucoup de Wallons, c'est plus qu'une visite. C'est un signe de reconnaissance pour une fête populaire qui rassemble 300.000 personnes chaque année.
En coulisses, on souffle que cette venue était préparée depuis des mois, dans la plus grande discrétion.
Objectif : rapprocher la Couronne de la Wallonie, là où elle est parfois jugée lointaine.
À 18h, il a quitté les festivités sous les applaudissements, laissant derrière lui une phrase qui fait déjà le tour des réseaux :"Les Fêtes de Wallonie, c'est la Belgique qui chante en wallon."