
Au lendemain des législatives du 23 septembre, le Maroc tient son nouveau premier parti. Avec 97 sièges sur 395, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) s'impose pour la première fois de son histoire, devant le RNI d'Aziz Akhannouch (66 sièges) et l'Istiqlal (65 sièges).
Un séisme électoral annoncé mercredi soir par le ministre de l'Intérieur Abdelouafi Laftit, sur fond de participation historiquement basse à 38,02%.

En vertu de l'article 47 de la Constitution, c'est au sein du PAM que le Roi Mohammed VI doit désormais désigner le prochain Chef du gouvernement.
Selon l'article 47 de la Constitution marocaine de 2011, le Roi Mohammed VI a l'obligation de nommer le Chef du Gouvernement « au sein du parti politique arrivé en tête des élections » de la Chambre des Représentants. Cependant, le texte constitutionnel ne précise pas quelle personnalité au sein de ce parti doit être désignée. Autrement dit, Non, le roi n'est pas obligé de choisir spécifiquement le secrétaire général du parti gagnant.
Si le nom de Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice nationale du parti, s'impose naturellement, un autre scénario circule avec insistance dans les couloirs de Rabat : celui de Fouzi Lekjaa.

Ministre délégué au Budget, président de la Fédération Royale Marocaine de Football et architecte de l'organisation de la CAN 2025 et de la Coupe du Monde 2030, Lekjaa n'est pas un adhérent historique du PAM.
Son ralliement en 2024 a pourtant été l'un des tournants de la campagne. C'est lui qui a porté le discours économique du parti : croissance à 5%, création d'un million d'emplois, baisse de l'impôt sur le revenu.
Trois arguments plaident pour ce scénario :D'abord, son profil de technocrate. Dans un contexte d'inflation et de grogne sur le pouvoir d'achat, qui a coûté 36 sièges au RNI sortant, son expertise budgétaire rassure les marchés et le Palais.Ensuite, sa popularité transversale.
À 56 ans, Lekjaa est l'une des personnalités les plus populaires du Royaume, bien au-delà du clivage partisan, notamment chez les jeunes et la diaspora.Enfin, sa capacité à fédérer. Avec 97 sièges, le PAM devra composer. Une coalition PAM-RNI-Istiqlal totaliserait 228 sièges, une majorité stable.
Lekjaa, respecté par Akhannouch et par Nizar Baraka (Istiqlal), apparaît comme l'homme du compromis.Reste un obstacle de taille : la légitimité interne.
Fatima Ezzahra El Mansouri, maire de Marrakech et figure historique du parti fondé en 2008 par Fouad Ali El Himma, peut légitimement revendiquer sa légitimité interne.
Sa nomination ferait d'elle la première femme Cheffe du gouvernement de l'histoire du Maroc, un symbole fort voulu par une partie de l'électorat du PAM.
Le Palais n'a pas encore communiqué de calendrier. Mais à Rabat, une certitude : le match pour la Primature ne fait que commencer.