Canada - UE : vers une alliance inédite, mais pas une adhésion

Et si le Canada devenait le premier partenaire associé de l'Europe ? L'idée, lancée cette semaine à Strasbourg, a pris tout le monde par surprise.

Mercredi, depuis l'hémicycle du Parlement européen, Ursula von der Leyen a créé l'événement. Dans son discours annuel, la présidente de la Commission a souhaité hisser la relation avec Ottawa "au plus haut niveau possible" et ouvrir la voie à un statut de membre associé, une première dans l'histoire de l'Union.

Le lendemain, Mark Carney lui a répondu sur place. Invité exceptionnel à Strasbourg, le Premier ministre canadien a salué l'ambition européenne. Il a toutefois recadré : Ottawa ne cherche pas à intégrer l'UE. 

Il parle plutôt d'une alliance singulière, fondée sur des valeurs communes et des intérêts complémentaires.Le contexte explique cette accélération. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche début 2025, les échanges entre Washington et Ottawa se sont fortement dégradés. 

Droits de douane, tensions commerciales, incertitude stratégique : le Canada cherche à diversifier ses alliances.Bruxelles et Ottawa travaillent déjà sur plusieurs chantiers concrets : faciliter la circulation des professionnels dans les filières d'avenir, sécuriser les approvisionnements en énergie et en minerais critiques, coopérer sur l'intelligence artificielle et la défense, ou encore développer ensemble des infrastructures numériques et énergétiques, des data centers aux câbles sous-marins.

L'hypothèse fait aussi grincer des dents. À Washington, Donald Trump a qualifié la proposition de "ridicule". A Bruxelles même, certains diplomates jugent peu réaliste d'exiger du Canada qu'il adopte l'ensemble des règles européennes.Un prochain rendez-vous est déjà fixé : un sommet Canada-UE est annoncé fin octobre à Montréal. Il devra préciser ce que recouvrira exactement cette "alliance unique" et si le statut de membre associé verra vraiment le jour.